Août 2021 – BLOG Voyage & Développement DURABLE : voyager en France sans plastique jetable pour protéger l’environnement et les océans

Chaque été, la France accueille des millions de visiteurs venus arpenter ses côtes, ses montagnes et ses villages, mais cette affluence pose une question désormais incontournable : comment continuer à découvrir nos territoires sans épuiser les ressources qui les rendent si précieux ? Le tourisme durable n’est plus un simple concept marketing, c’est une réponse concrète aux défis environnementaux qui touchent particulièrement nos océans et nos littoraux, envahis chaque année par des tonnes de déchets plastiques.

En bref

  • Le tourisme durable en France est devenu une nécessité pour protéger les écosystèmes, notamment face à l’impact majeur des déchets plastiques sur les littoraux et les océans.
  • Le secteur touristique est un contributeur important aux émissions de CO2, dont 75% proviennent du transport, nécessitant une refonte profonde des pratiques de voyage.
  • La pollution par les plastiques à usage unique menace gravement la biodiversité, sachant que moins de 10% du plastique produit mondialement est réellement recyclé.
  • Des initiatives internationales et nationales, comme celles de l’OMT ou de l’entreprise Plaxtil, encouragent l’économie circulaire pour réduire l’empreinte écologique du secteur.
  • Les voyageurs peuvent adopter des gestes concrets, tels que l’utilisation de bouteilles réutilisables, le refus des produits jetables en hôtel ou la priorité aux tickets numériques.
  • Le choix de modes de transport plus doux comme le train ou le vélo constitue une alternative essentielle pour limiter les émissions liées aux déplacements touristiques.
  • La prolifération des micro-plastiques dans les océans représente une urgence sanitaire et écologique, car ces particules finissent par contaminer l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Le tourisme durable en France : une nécessité face aux changements climatiques

Le secteur du voyage doit désormais composer avec une réalité chiffrée et préoccupante. On estime que 75% des émissions touristiques générées en France proviennent directement du transport, dont 41% imputables au seul trafic aérien. Ces données obligent les professionnels et les voyageurs à repenser entièrement leurs pratiques, d’autant que l’industrie du plastique, très liée au secteur du packaging touristique, pourrait rejeter jusqu’à 56 gigatonnes de CO2 dans l’atmosphère d’ici 2050 si rien ne change. Cette prise de conscience s’inscrit dans un mouvement plus large porté par les études, qui montrent que le succès du secteur passe aussi par des choix pratiques et responsables, comme le rappelle l’article intitulé 40 conseils pour voyager vert et réduire l’empreinte de vos vacances, publié en janvier 2020 par une jeune étudiante en langues étrangères pour le tourisme.

Les enjeux écologiques du secteur touristique français

La pollution plastique constitue l’un des symptômes les plus visibles de cette crise écologique. Chaque seconde, ce sont 160 000 sacs en plastique qui sont fabriqués dans le monde, soit environ 500 milliards par an, un chiffre vertigineux quand on sait que moins de 10% de tout le plastique mis en circulation a réellement été recyclé. Sur les sites touristiques, cette accumulation de déchets à usage unique, qui représente 40% de la production totale de plastique, dégrade durablement les paysages naturels et met en péril la biodiversité locale, qu’il s’agisse des forêts, des rivières ou des zones côtières très fréquentées durant la saison estivale.

L’engagement de l’OMT et des acteurs français pour une transition écologique

L’Organisation Mondiale du Tourisme multiplie les initiatives pour accompagner cette transition, en collaboration avec des associations comme Greenpeace, qui milite activement pour la réduction des plastiques à usage unique dans l’industrie du voyage. En France, des acteurs émergent également sur ce terrain, à l’image de l’entreprise Plaxtil, seule structure du pays à recycler les masques jetables, dont la production a explosé avec une hausse de 30% des emballages pendant la période du Covid. Ces initiatives, bien que ponctuelles, dessinent les contours d’une économie circulaire appliquée au tourisme, où chaque acteur, du transporteur à l’hébergeur, est appelé à revoir son empreinte écologique.

Voyager sans plastique jetable : gestes concrets pour préserver les océans

Adopter un voyage vert commence par des gestes simples mais efficaces, applicables dès la préparation du séjour. Il s’agit notamment de privilégier les tickets numériques plutôt que les billets papier, d’emporter une bouteille sans BPA pour éviter l’achat systématique d’eau en bouteille importée, ou encore de préférer le vrac aux emballages individuels, une pratique que 90% des personnes interrogées disent désormais privilégier lorsque l’option leur est proposée.

Alternatives au plastique jetable lors de vos déplacements en France

Sur le terrain, plusieurs habitudes permettent de limiter drastiquement sa consommation de plastique à usage unique. Voici quelques pratiques faciles à intégrer lors d’un séjour :

  • Utiliser des sacs réutilisables pour les courses et les affaires personnelles
  • Privilégier les emballages en verre ou en papier plutôt que le plastique
  • Limiter le recours au service de blanchisserie et réutiliser les serviettes d’hôtel
  • Refuser les produits de bain jetables proposés en chambre

Ces gestes, bien que modestes à l’échelle individuelle, ont un effet cumulatif important lorsqu’ils sont adoptés massivement par les touristes. Le système de consigne, largement plébiscité en Norvège où 99% des contenants collectés sont recyclés grâce à ce dispositif, illustre parfaitement l’efficacité de solutions structurelles combinées à des comportements individuels responsables. Le recyclage du PET atteint par ailleurs des taux encourageants, avec 9 bouteilles sur 10 recyclées dans les pays disposant d’infrastructures adaptées.

L’impact du plastique sur les écosystèmes marins et la biodiversité

Les conséquences de cette pollution sur les océans sont alarmantes. Chaque année, environ 10 millions de tonnes de plastique finissent dans les eaux marines, et les projections indiquent qu’en 2050, il pourrait y avoir davantage de plastique que de poissons dans les mers du globe. Les micro-plastiques issus de la dégradation de ces déchets pénètrent désormais toute la chaîne alimentaire, à tel point qu’un être humain ingère en moyenne l’équivalent d’une carte de crédit, soit environ 5 grammes de plastique, chaque semaine. Ce phénomène d’ingestion plastique touche directement les récifs coralliens et la faune marine, rendant la protection de ces écosystèmes fragiles d’autant plus urgente pour les voyageurs sensibilisés à ces enjeux.

Pratiques responsables : comment adopter un tourisme respectueux de l’environnement

Choisir un mode de voyage plus vertueux implique également de repenser ses moyens de transport et ses hébergements. Le train et le vélo s’imposent comme des alternatives crédibles à l’avion, notamment grâce à des itinéraires comme la Vélodyssée ou la Loire à vélo, qui séduisent chaque année davantage d’adeptes du cyclotourisme. La ligne ferroviaire reliant Nice à Tende, qui grimpe jusqu’à 1000 mètres d’altitude, ou encore le mythique Glacier Express culminant à 2000 mètres, offrent des expériences immersives sans recourir au transport aérien. Depuis décembre 2021, un train de nuit relie même Paris à Vienne, tandis que les billets Interrail proposent des tarifs avantageux pour les jeunes voyageurs souhaitant explorer l’Europe autrement. Plus de 41 idées de destinations accessibles sans avion existent aujourd’hui, preuve que le voyage sans avion devient une option sérieuse et désirable.

Choisir des destinations et hébergements engagés dans le développement durable

Avant de réserver, il est judicieux de vérifier certaines certifications écologiques reconnues, telles que l’écolabel européen ou le label Greenkey, qui garantissent des pratiques respectueuses de l’environnement. Des plateformes spécialisées recensent désormais plus de 3000 hébergements écologiques à travers l’Europe, allant de l’éco-lodge traditionnel au glamping plus contemporain. Sur le littoral breton, le GR 34, qui parcourt près de 2000 kilomètres le long des côtes, permet de découvrir des sentiers balisés tout en limitant son impact sur les milieux naturels traversés.

Les bénéfices économiques et sociaux du tourisme responsable

Au-delà de la préservation environnementale, le tourisme responsable soutient directement l’économie locale. Privilégier les produits locaux et les artisans locaux plutôt que les grandes enseignes internationales permet de redistribuer les retombées économiques directement aux communautés d’accueil, tout en évitant les écueils du sur-tourisme qui fragilise certaines destinations surexploitées. Cette approche de consommation responsable encourage également des efforts concrets en matière d’économie d’eau et d’économie d’énergie, deux leviers essentiels pour réduire l’empreinte globale du secteur. Certes, adopter ces pratiques peut entraîner une hausse de 10 à 15% du prix des produits sans plastique la première année, mais cet investissement initial profite durablement à la protection de la faune, à la préservation des paysages et à la vitalité des territoires visités, faisant du voyage un acte véritablement porteur de sens pour les années à venir.


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