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Le temps joue en notre faveur…

vendredi 29 avril 2011, par Jacques ROMAIN

Le temps joue en notre faveur…

Ce printemps est particulièrement sec et les pouvoirs publics commencent à prendre « des arrêtés sècheresse ». Gageons qu’au cas où ces décisions se multiplieraient, les utilisateurs, sur qui pèseraient des mesures de restrictions d’usages (arrosage champs et jardins, utilisations domestiques), n’apprécieraient certainement pas. La pénurie ferait la une de la presse et serait commentée par des médias.

2011 ne constitue en rien une année exceptionnelle : des arrêtés sècheresse sont désormais régulièrement pris tous les ans et que disent-ils concernant les moulins ? Ils interdisent aux ayant-droits la manœuvre de leurs vannes. Ils doivent les laisser fermées afin de « préserver la ressource en eau et les milieux aquatiques », autrement dit la faune piscicole à qui on serait censé nuire le reste du temps. L’un de ces textes déclare : « la manœuvre des ouvrages hydrauliques est de nature à aggraver la situation hydrologique précaire des cours d’eau ». On ne peut être plus clair sur le rôle bénéfique de nos chaussées.

Dans les années à venir, des sècheresses surviendront encore, sans doute plus fréquentes et plus longues. Prendra-t-on des mesures compensatoires, pourra-t-on se passer des retenues d’eau de nos moulins ? C’est maintenant qu’il faut rappeler à nos élus que nos petits barrages ont de grands effets, des effets bénéfiques multiples au bénéfice des hommes et de l’économie, des effets contestés par tous ceux qui ne voient en la rivière qu’un androïde à que nous avons interdit de « divaguer » et que nous avons privé de « son espace de respiration ». N’en déplaise à ces auteurs, les moulins et leurs seuils figurent parmi les aménagements les plus respectueux de la nature confrontée à l’activité humaine.

Nos seuils, munis de leur système de vannages, permettent :

  • la préservation de la ressource en eau et donc une part du prélèvement pour l’irrigation,
  • l’utilisation de l’énergie hydraulique, de plus en plus précieuse avec l’épuisement des énergies fossiles,
  • l’atténuation des crues : le lissage des débits participe à la sécurité des biens et des personnes,
  • le maintien du lien entre les eaux de surface et celles de la nappe phréatique,
  • la participation à la continuité écologique par une restitution programmée de la réserve,
  • la sauvegarde d’un niveau d’eau autour duquel se sont construits nos villages, nos routes et nos ponts,
  • et cette liste… n’est sans doute pas exhaustive !

Comment les pouvoirs publics pourraient-ils faire preuve d’un minimum de cohérence, d’une logique élémentaire s’ils préconisent à la fois les destructions des seuils et le maintien d’un niveau d’eau, grâce aux chaussées, en période de sècheresse ? Il faut poser cette question à ces mêmes pouvoirs publics, à nos élus.

Rapprochons-nous des personnes concernées par la rivière :

  • les agriculteurs sur lesquels pèsent des menaces du même ordre que les nôtres,
  • les producteurs d’électricité sur qui planent des restrictions d’usage,
  • les pêcheurs qui préfèrent, en désaccord avec leur hiérarchie, une belle retenue à un ruisseau à sec,
  • les acteurs du tourisme et les touristes pour lesquels la présence d’eau constitue un attrait essentiel,
  • les hommes et les femmes qui se battent contre des rejets hautement pollueurs : décharges sauvages, filtration des eaux usées imparfaite, rejets médicamenteux, ...
  • tous ceux, nombreux, soucieux de concilier économie et écologie,

Annie Bouchard présidente FFAM

Voir en ligne : Le site de la FFAM

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