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Le transport fluvial du futur  : un long fleuve tranquille

mercredi 15 mars 2017, par Jacques ROMAIN

Peu polluante et économe en énergie, la filière fluviale du transport de marchandises entend faire valoir ses atouts au cours des vingt prochaines années. Notamment pour être au cœur du développement de la logistique des centres-villes.

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Le transport fluvial du futur  : un long fleuve tranquille

La filière fluviale, un mode de transport du passé ? « Je ne l’admets pas une seule seconde ! » s’insurge Marc Papinutti, directeur général de Voies Navigables de France (VNF). Pourtant le transport fluvial de marchandises ne se porte pas si bien. Le secteur a encore reculé de 8,5 % (en tonnes/km) en 2016, du fait de la mauvaise récolte de céréales en France. Mais la filière continue de croire à ses atouts (faible pollution, économe en énergie, prix compétitifs, etc.), déterminants dans les dix à vingt prochaines années. A condition de se moderniser. A commencer par la motorisation des bateaux qui voudraient troquer les vieux diesels polluants contre des motorisations hybrides (diesel, électrique), à gaz et même à pile, à combustible, à hydrogène - comme pour le catamaran « Energy-Observer ». Au stade de la R & D ou de l’expérimentation, ces moteurs pourraient débarquer sur le marché d’ici 5 à 10 ans.

Une activité à réinventer

Autre grand enjeu, réinventer l’activité. Car si, de l’avis des experts, certaines marchandises (produits métallurgiques et chimiques, engrais, matières dangereuses) devraient se maintenir ou d’autres légèrement progresser (matériaux de construction, colis lourds), le charbon est promis à un déclin rapide. Les projets sont légion. D’abord pour réduire les coûts. Ainsi, à Nevers, l’Institut supérieur de l’automobile et des transports (Isat) planche-t-il sur le « bateau du futur autonome » à l’instar des voitures que préparent les constructeurs automobiles. Reste aussi à accroître le transport par conteneur avec des initiatives inattendues. Comme celle de Nogent-sur-Marne où les conteneurs sont remplis de luzerne et acheminés vers l’embouchure de la Seine pour y être embarquées direction l’Asie. Ailleurs, à Lyon, une déchetterie fluviale, River’Tri, a été installée sur le Rhône où un bateau pousseur amène une barge tous les jours. De quoi éviter la circulation de 16 camions en centre urbain.

Des initiatives qui se multiplient

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Autre voie d’avenir, rendre plus vertueuse la livraison en centre-ville. Pionnier depuis 2012, Franprix (Groupe Casino) achemine chaque jour plusieurs dizaines de conteneurs de denrées alimentaires par barge, à partir du port de Bonneuil-sur-Marne jusqu’aux pieds de la tour Eiffel (20 km). Les palettes y sont chargées dans les camions de livraison pour les derniers kilomètres. De son côté, le projet Distri-Seine, présenté par Haropa-Ports de Paris lors de la COP21 fin 2015, embarque directement une trentaine de camions électriques ou GNL sur la barge pour offrir un dernier kilomètre décarboné. Enfin, outre la mise en oeuvre du futur Canal Seine-Nord Europe, si VNF continue d’investir (autour de 140 millions d’euros par an) pour moderniser le réseau (6.700 km), l’établissement public continue de soutenir des innovations prometteuses. Comme le développement d’un système d’information fluvial, sur le bassin du Rhin. Intérêt : les bateliers vont connaître la vitesse du courant, la hauteur d’eau ou optimiser leur arrivée au port en réservant un portique de déchargement. Bref, la filière n’est pas en manque d’idées.

Jean-Louis Alcaïde

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