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HAUTE-SOMME Le projet de grand canal a franchi le point de non-retour

lundi 14 décembre 2015, par Jacques ROMAIN

C’est désormais une certitude : le canal Seine-Nord Europe se fera. L’Europe vient de valider 42 % du montant de sa participation, soit 980 millions d’euros. Mise en eau prévue en 2023.

Des décideurs, des chefs d’entreprise, tout ce que le Pays neslois compte de décideurs économiques avait répondu à l’invitation d’André Salomé, président de l’intercommunalité. Les membres du Club des acteurs économiques du Pays neslois étaient venus s’informer des dernières nouvelles liées au Canal Seine-Nord Europe (CSNE).

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C’est un pont-canal, du même type que celui de Magdebourg, qui sera construit près de Péronne.
(Photo D.R)

Une réunion qui a débuté par un scoop, une excellente nouvelle confiée par Jean-Claude Ziza, le responsable du pôle développement de Voies navigables de France (VNF), résumée en quelques phrases : « Il n’y a pas encore eu de communication à ce sujet. Mais je peux vous informer que mercredi 1er décembre, l’Europe a signé l’acompte (42 % soit 980 millions d’euros) destiné à financer une partie des travaux du canal entre 2014 et 2019. On peut dire aujourd’hui que grâce à cette signature de l’Europe, nous avons franchi le point de non-retour et ce, quels que soient les résultats des élections régionales de dimanche : le canal se fera. »

Développement économique prévu autour de Nesle

Sourires et petits regards complices, à commencer par ceux du président André Salomé, ravi et en pleine jubilation. L’avenir se dégage avec cette nouvelle étape qui vient d’être franchie après la signature, le 8 juin, du marché d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Marché qui couvre 12 ans et qui englobe la programmation, les études, les travaux, la mise en service et l’exploitation initiale de la liaison entre la Seine et l’Escaut.

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Le creusement du canal devrait s’effectuer sur 106 km, entre Compiègne et Cambrai, pour relier la Seine à l’Escaut. Prévu pour les grands gabarits (jusqu’à 4400 tonnes, le gabarit européen), doté d’un réservoir de 16 millions de m3 pour réguler son débit, il est censé faire passer ses trafics de 5 à 20 millions de tonnes par an : céréales exportées, granulats, conteneurs…

La Haute-Somme sera au cœur du principal tronçon de 52,9 km, entre Passel (près de Noyon) et Moislains. Tronçon qui verra la construction de cinq immenses ouvrages : trois écluses de haute chute (à Noyon, Allaines et Moislains), un pont-canal et un bassin réservoir d’eau de 14 millions de mètres cubes. Trois des quatre immenses plateformes multimodales seront réalisées dans le secteur, à Noyon, Nesle et Péronne. Un quai de transbordement agro-industriel sera réalisé à Languevoisin, près de Nesle, où une union de 13 coopératives céréalières, d’engrais ou de matériaux de construction seront installées. Le secteur neslois connaîtra obligatoirement un important essor économique car, outre la présence du canal, de la plateforme multimodale et du quai de transbordement, le Pays neslois aura la chance d’être pourvu d’une sortie d’autoroute (envisagée du côté de Licourt, sur l’A29) et il est déjà équipé du réseau ferré. « Nous serons les seuls à avoir toutes les infrastructures : route, autoroute, rail et voie navigable », se félicite André Salomé.

Développement touristique

Le secteur devrait aussi connaître un développement touristique, avec la construction et la mise en service de l’impressionnant pont-canal de 1,3 km de long, ce qui en fera le plus long du monde, devant celui de Magdebourg (Allemagne), qui ne fait « que » 918 mètres. Il demandera environ 50 mois de travail « Il y a eu un fort développement touristique à Millau avec le viaduc, il faut s’attendre à la même chose avec ce pont-canal », ajoute Jean-Claude Ziza. Pont-canal qui se fera entre Biaches et Cléry-sur-Somme. Deux aménagements de plaisance sont aussi programmés à Allaines et Saint-Christ-Briost.

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L’alimentation en eau du canal Seine-Nord Europe
sources

Pour franchir le CSNE, rien qu’entre Noyon et Moislains, il faudra construire 32 ponts routiers, un autoroutier, trois ferroviaires. Le début des travaux est prévu à l’aube de 2018. Ils dureront 5 ans, avant une période d’essais et de mise en service partielle, début 2023. L’ouverture du CSNE est prévue entre 2023 et 2025. Un canal qui permettra la circulation de barges faisant jusqu’à 11,4 mètres de large (contre 5,70 mètres pour une péniche classique), pouvant transporter jusqu’à 3 000 tonnes de marchandise ou 270 containers.

Quatre tronçons tracés et estimés

Le projet du canal Seine-Nord Europe (CSNE) consiste à relier la Seine à l’Escaut, le sud avec le nord. Il est une porte d’entrée en Europe par le nord, une liaison entre les grands ports maritimes sur le plan national. Il garantit un développement et un aménagement du territoire régional avec un renforcement et une compétitivité des entreprises, et enfin sur le plan local, une valorisation économique, logistique et touristique.

Mais pour valider le projet, il a fallu baisser le coût de l’ouvrage. Long de 107,1 km, le projet final a été reconfiguré, avec une modification de 20 km du tracé entre Moislains et Marquion : une écluse a été supprimée, la hauteur de l’écluse la plus haute a été réduite de moitié. Le bief a également été réduit de 17 mètres entre Allaines et Avricourt. Promis à l’abandon, le canal du Nord servira lui aussi, avec l’utilisation de son emprise sur 8 kilomètres.

Le CSNE a été séparé en 4 secteurs, aussi bien sur le plan études, financement, réalisation et mise en service.

Le premier, partant du sud, jusqu’à Passel (près de Noyon), sur 18,5 km, coûtera 350 millions. Les travaux y sont prévus entre 2017 et 2021.

Le deuxième tronçon, entre Passel et Moislains (52,5 km) sera le plus important. À lui seul, il coûtera 1,7 milliard d’euros, soit 50 % du projet (3,3 milliards), avec de nombreux gros travaux, dont 1,3 km de pont-canal pour franchir la vallée de la Somme, mais aussi un réservoir du port de l’Alouette près d’Allaines. Les travaux s‘y dérouleront entre 2018 et 2023.

Le troisième, entre Moislains et le pont de l’A26 (près de Cambrai), s’étalera sur 27 km et coûtera 600 millions d’euros, avec un énorme chantier de terrassement. Les travaux y seront échelonnés entre 2018 et 2024.

Enfin, le quatrième, entre l’A26 et Aubencheul-au-Bac (9,1 km) sera financé à hauteur de 560 millions d’euros. Là aussi les travaux dureront entre 2018 et 2024.

Budget global : Un projet estimé à 4,5 milliards d’euros

La Commission européenne financera 42,12 % de la première tranche de travaux (2017/2020). Ce qui représente une subvention de près d’un milliard d’euros. La participation totale de l’Europe devrait s’élever à 2 milliards d’euros. L’Etat investira 1,7 milliards d’euros, la région Picardie 100 millions, l’Ile de France et le Nord-Pas-de-Calais 200 millions chacune. Les Conseils départementaux concernés compléteront le budget.

à lire également tous les articles sur le canal Seine-Nord du "Courrier Picard"

Le projet de canal Seine-Nord Europe prévoit la réalisation d’un canal à grand gabarit, long d’environ 100 km, entre l’Oise (Compiègne) et le canal Dunkerque-Escaut (Cambrai).

Voir en ligne : LE projet du grand canal a franchi le point de non-retour

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