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Cop21 : la voie d’eau face au défi climatique

mardi 1er décembre 2015, par Jacques ROMAIN

Dans la lutte contre le réchauffement climatique, la voie d’eau a une carte à jouer. Si ses atouts environnementaux et en termes de sécurité sont reconnus, son bilan demeure perfectible dans le domaine des émissions de particules et de polluants locaux. Un défi que Transporteurs fluviaux de France (TFF) entend relever par l’innovation comme en témoigne le projet de corridor électrique sur l’axe Seine.

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À la lecture du projet de règlement européen concernant les engins mobiles non routiers (EMNR), la voie d’eau est appelée à redoubler d’effort pour abaisser son empreinte carbone. S’inspirant des progrès réalisés par la route, le texte en cours d’instruction prévoit notamment une réduction de 80 % de ses émissions de particules à compter du 1er janvier 2019. Pour relever ce défi dans un calendrier contraint dénoncé par TFF, les opérateurs fluviaux misent sur une série d’outils financiers. À commencer par ceux fournis par le nouvel appel à projet « Navire du futur » lancé par l’Ademe en 2015, et par Voies navigables de France via le « Plan d’aide à la modernisation et à l’innovation ». À l’attention des chargeurs, d’autres dispositifs croisent les enjeux environnementaux de la filière comme le « Plan d’aide au report modal » de VNF, et les nouvelles modalités associées aux certificats d’économie d’énergie. « La loi de transition énergétique étend la possibilité d’obtenir des CEE aux chargeurs dès lors qu’ils recourent à des programmes d’optimisation logistiques afin de réduire leurs consommations énergétiques et de carburants », soulignent Didier Léandri et Michel Dourlent.

Corridor électrique

Dans l’immédiat, les coprésidents de TFF valorisent les résultats déjà obtenus : « Depuis 2008, la consommation d’énergie du secteur fluvial a baissé de 2,7 % alors que le trafic a progressé de 5 %. En dix ans, la productivité de la flotte française s’est appréciée de 25 % en outre grâce à la baisse des transports à vide, la mise en place de trafics pendulaires, l’augmentation des cadences de manutention et de la cale ». Sous couvert de la convention CDNI, la filière est engagée par ailleurs dans un processus de gestion et d’élimination de ses déchets, et est sur le point d’expérimenter le premier « corridor électrique » sur l’axe Seine.

"En dix ans, la productivité de la flotte fluviale a augmenté de 25 %"

Inspirée des Pays-Bas, cette initiative est portée par TFF, Logistique Seine Normandie, Haropa et VNF. Elle vise à déployer des bornes électriques pour les bateliers entre Le Havre et Paris. Le cahier des charges finalisé, un appel d’offres public est sur le point d’être lancé pour neuf bornes dont les installations sont annoncées avant la fin du premier semestre 2016. En cas de succès après deux ans de test, la densification du corridor est escomptée sur l’axe Seine… et sur les autres bassins. Cette initiative fait partie des 21 projets présentés sur le pavillon « Fleuve, Mer » au Grand Palais lors de la Cop21.

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