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Des inquiétudes sur l’avenir du « vieux canal »

vendredi 24 avril 2015, par Jacques ROMAIN

Le nouveau règlement particulier de police de Voies navigables de France rappelle que le vieux canal est classé « non navigable ».

Depuis des semaines, professionnels du tourisme et collectivités se mobilisent pour le « vieux canal », premier canal latéral à la Loire, utilisé jusqu’à la mise en service du pont-canal de Briare en septembre 1896.

C’est une note, au bas du nouveau règlement particulier de police rédigé par Voies navigables de France (VNF) à l’automne dernier, qui a suscité la crainte de voir le canal interdit à la navigation. Un canal sur lequel les bateaux ne se bousculent pas Au bas de ce document, le rappel d’un décret de 1957, indiquant que le « vieux canal », est classifié « bras secondaire non navigable ».

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La toue « Vent de Galerne » devrait s’installer sur le bassin de Mantelot en 2016. À condition que le canal reste navigable. - BOUGOT Thierry
Photo : La République du Centre

Sur le bassin de Mantelot, la mairie de Châtillon-sur-Loire a récemment investi dans seize pontons destinés à accueillir les plaisanciers. La société des Bateaux touristiques de Briare termine quant à elle l’aménagement d’une grande toue de 24 mètres, le « Vent de Galerne », qui rejoindra ce même bassin de Mantelot à la saison touristique 2016. Dans les années 1990, de lourds investissements ont été réalisés pour remettre en service les écluses de l’Étang, de la Folie, puis de Mantelot en 2000.

Une fermeture du « vieux canal » à la navigation remettrait évidemment en cause de nombreux projets, bien que, pour l’heure, les bateaux ne se bousculent pas.

Emmanuel Rat, maire de Châtillon-sur-Loire, a toutefois rencontré les représentants de VNF en début d’année pour évoquer l’avenir du canal.

Selon lui, le contrat entre les différents partenaires est pour le moins clair : il faut définir un projet touristique et économique qui mette en avant l’intérêt de cet axe fluvial. « Ce serait ridicule de l’interdire à la navigation. Beaucoup d’acteurs ont investi, tout le monde a engagé des prêts pour refaire l’écluse de la Folie. Nous, à Châtillon, nous avons posé des pontons qui nous ont coûté environ 50.000 €. Et ce bateau qui va arriver, c’est important pour le tourisme », analyse Emmanuel Rat.

Un avis qui est bien celui de Kléber Morel, gérant des Bateaux touristiques de Briare. Ce professionnel du tourisme a multiplié les courriers ces dernières semaines et affirme avoir reçu de bonnes nouvelles de VNF.

Et, en effet, du côté de Voies navigables de France, on estime que les inquiétudes ne sont pas forcément justifiées : « Nous avons juste rappelé la classification des voies d’eau datant de 1957, où cet embranchement est « non navigable ». Cela ne veut pas dire pour autant qu’il y a une interdiction de naviguer », résume Olivier Georges, de la direction territoriale Centre-Bourgogne. « La production de ce document a fait réagir certaines personnes qui ont cru qu’on voulait interdire la navigation. Cela nous a permis de nous mettre d’accord sur la lecture de la situation : là où il y a du tourisme, il y a intérêt à valoriser le lieu. Il faudra donc définir un partenariat gagnant-gagnant pour faire en sorte que ce canal remplisse tout son intérêt ».

On peut penser que Voies navigables de France va entamer des négociations avec les collectivités qui souhaitent continuer à voir naviguer des bateaux sur ce tronçon du premier canal latéral à la Loire. Des collectivités qui pourraient devoir mettre la main à la poche afin d’entretenir cette voie d’eau dont la seule vocation est désormais touristique.

Pascale Auditeau

Voir en ligne : Lire l’article de la République du Centre

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