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Préserver le pont-canal de Briare de la corrosion

vendredi 10 janvier 2014, par Jacques ROMAIN

Mis en service en 1893, le pont-canal de Briare montre aujourd’hui des signes de détérioration. Une solution temporaire est mise en place.

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Le pont canal de Briare
Crédit photo Groupe de presse CentreFrance (archives) - BEDRUNES Daniel

« Il commence à y avoir des fuites et des infiltrations. À certains endroits, l’épaisseur de la structure a diminué de moitié, on n’a que 3 à 4 millimètres de tôle. Ce n’est pas bon du tout. » Voici comment Jacky Jeunon, adjoint à la subdivision briaroise des Voies navigables de France (VNF), décrit l’état du pont-canal de Briare.

Après cent vingt ans d’existence, la construction métallique est victime d’une forte corrosion. Pas de quoi craindre un effondrement immédiat, mais assez pour que VNF prennent les choses en main. Le pont-canal sera vidé le 20 janvier En novembre\décembre, une entreprise est venue installer des anodes sacrificielles et une armoire électrique dans l’eau. Et dès le 20 janvier, le pont-canal va à nouveau être vidé durant une petite semaine pour installer les dernières anodes. « On fait passer un courant continu dans les anodes en ferro-silicium. Des particules de métal doivent se désagréger et se déposer sur le métal oxydé », explique Jacky Jeunon.

Le remède n’est que temporel. La protection cathodique ralentit la corrosion sans l’arrêter, et ne répare pas les dégâts déjà occasionnés. « Ça va peut-être durer une dizaine d’années, mais on cherche des solutions plus définitives. »

Il y a environ douze ans, de la tôle en inox a été placée aux endroits les plus usés, mais n’a fait qu’empirer le phénomène, entraînant une électro-corrosion. Début 2013, le pont-canal a été vidé afin de mettre d’appliquer de la peinture de protection et neutraliser l’inox. Le problème réside dans la complexité de la structure métallique et des pièces qui la composent. « Il faudrait énormément de travail pour remplacer ces pièces, certaines d’entre elles se posent à chaud… En plus, il n’y a plus beaucoup d’entreprises qui font ça aujourd’hui », souligne Jacky Jeunon.

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Des particules de métal doivent se détacher des anodes en ferro-silicium pour se déposer sur le fer oxydé du pont-canal.
Crédit photo Groupe de presse CentreFrance - DR

L’opération à venir aura au final coûté 170.000 €. Les frais de consommation électrique seront « infimes : c’est un courant continu très faible. Avec les plaisanciers, les canards et les nombreux promeneurs, on ne peut pas prendre de risque ».

Le pont-canal de Briare a été mis en service en 1893. Il existait déjà des structures identiques à l’époque, mais en maçonnerie. La construction de Briare était le 2 e pont-canal en métal construit en Europe, et de loin le plus grand. « Ce n’est qu’en 2008 qu’ils en ont construit un plus important en Allemagne », raconte Jacky Jeunon, des Voies navigables de France.

À l’origine, ce pont avait un rôle commercial pour le transport des marchandises. En 1900, une note signale qu’un bateau de plaisance anglais allait passer. « Ça a l’air exceptionnel. Ils l’ont mis sous surveillance, pour que tout se passe bien mais aussi pour éviter l’espionnage industriel », raconte Jacky Jeunon.

Aujourd’hui, le pont ne voit presque plus passer que des plaisanciers. En 2012, on a compté environ 2.800 bateaux de plaisance, contre à peine douze navigations de commerce. Ces quelques bateaux de commerces font souvent le trajet Paris\Lyon, ou vont à la Chapelle-Montlinard (Cher).

Caroline Bozec caroline.bozec@centrefrance.com

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