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Y’a t’il une discontinuité écologique ? De l’importance des ouvrages sur les cours d’eau !

mercredi 31 août 2011, par Jacques ROMAIN

LES RIVERAINS ET USAGERS DES COURS D’EAU DE LOIRE BRETAGNE

"Tout récemment, au cours d’une interview télévisée le 16 août sur France2, M. Rémy Filali, directeur territorial de l’Agence de l’eau Seine-aval, expliquait « probablement qu’à l’époque, il y a trois siècles, on n’avait pas la même connaissance que l’on a aujourd’hui du fonctionnement des cours d’eau et c’est pas (sic) parce qu’on a fait pendant un millier d’années des erreurs qui s’accumulent et qui aujourd’hui sont présentes, que l’on doit continuer à les faire ». Et pourtant, en Côtes d’Armor, les rivières charrient des nitrates en abondance causant en mer une prolifération d’algues vertes dont la décomposition sur les plages bretonnes met en péril la vie des animaux et des hommes qui les fréquentent. Ces rivières sont sous la surveillance de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne, mais ne retrouvent pas pour autant le bon état écologique réclamé par Bruxelles depuis plus de dix ans. C’est cependant cette même agence de l’eau qui prétend maintenant imposer ce bon état aux autres rivières de la Région par la destruction des ouvrages au nom de la « sacro sainte continuité écologique ».

Les riverains et usagers des cours d’eau de Loire Bretagne ne veulent pas revoir les effets néfastes causés par le remembrement au nom là aussi d’une certitude scientifique. Ce document a pour objectif de mettre en évidence l’intérêt des ouvrages sur les cours d’eau et la nécessité d’une étude approfondie avant de se lancer dans des travaux irréversibles de destruction. Il faudrait ensuite attendre une cinquantaine d’’années avant d’en reconstruire, c’est à dire avant que l’administration, sans avouer ses erreurs, estime cependant utile de restaurer des plans d’eau. Pourtant la Ministre de l’écologie a elle-même en juillet avoué l’importance des retenues d’’eau lorsque la sécheresse devenait inquiétante."

Rédigé par Loup Francart, Président de l’association pour la protection des vallées de l’Erve, du Treulonet de la Vaige (53).

Le ton est donné.

Lire la suite de cette importante étude dans le document joint

Voir en ligne : EUROCRISE met l’Intelligence Stratégique à votre service : comprendre, décider, atteindre vos objectifs dans des situations de concurrence, de tension ou de crise.

Documents joints

19 Messages de forum

  • Je trouverai intéressant d’envoyer cette étude de Loup Francart à tous nos élus du Bassin Loire Bretagne qui vont être appelés à donner leurs avis......

  • Très important de mettre à jour, partout où nous pouvons, l’imposture de la "continuité écologique" et son "rétablissement" : la nature est à la fois continue et discontinue (déjà les poissons vivent dans l’eau et nous dans l’air, même le Guide Vert de la Pêche, page 95, montre les différences de peuplement piscicole entre la source et l’embouchure d’une rivière) .
    J’y reviens de mon côté dans un article en cours.
    Qaunt à monsieur Filali, il en arrive à caricaturer Molière dans sa prétention pseudo scientifique .

    Bravo pour votre combat très important pour nos descendants,
    J. Etienne , jacques.e.etienne@wanadoo.fr

  • je vois que mon message n’a pas été publié... belle conscience démocratique...

    • Il ne s’agit pas d’un problème de démocratie, mais d’un problème de disponibilité des gestionnaires du site WEB ;

      Avec nos excuses pour le retard de parution.

      • en tous cas il ne l’est toujours pas...

      • "Problème de disponibilités des gestionnaires du site WEB" ??
        J’avais rédiger un petit paragraphe faisant état de mon désaccord avec le document hautement scientifique de Monsieur FRANCART. Il n’est jamais paru.
        Je peux comprendre les difficultés de certains propriétaires de moulin à équiper leurs ouvrages de passes à poissons au vue des aspects financiers et je ne suis pas forcément d’accord avec la méthode qui consiste à imposer l’arasement d’un ouvrage... Mais de là à accepter de lire des inepties sur le "vrai" "fonctionnement" de la rivière et l’intérêt "écologique" des ouvrages, il y a un pas que ma morale scientifique ne m’autorise pas à franchir !
        En tout cas bravo pour la démocratie et l’ouverture d’esprit dont vous faites preuve. Discuter entre personnes ayant les mêmes opinions, les mêmes intérêts c’est "très enrichissant"...

        • Il n’est jamais paru, parce que nous ne l’avons pas reçu ! Problème de validation au moment de la saisie ? Je ne sais !
          En tout cas, il n’entre pas dans nos intentions de "discréminer" les commentaires de nos lecteurs !

        • je n’en pense pas moins...
          pas moins sur les inepties, pas moins sur le fait que mon commentaire (très fournis d’ailleurs) n’a également pas été publié...
          La disponibilité des gestionnaires me paraît très très très sélective.
          Mais bon...

          • Bonjour,

            Les SDAGE approuvés en 2009 et surtout en 2015 seront déterminants nous devons interroger les services compétents pour connaître les justifications scientifiques, sociales, économiques, techniques... aujourd’hui nous pouvons tenter de répondre aux deux principaux arguments des opposants :
            1) Le débarrage améliorera-t-il la qualité de l’eau. Bien sur que non. C’est bien sûr en contrôlant très sévèrement ce qu’on envoie dans les nappes phréatiques, rejets domestiques, agricoles et industriels. Le débarrage n’aurait pour conséquennce que d’envoyer l’eau malsaine plus rapidement en aval, sans qu’elle ait eu le temps de s’auto-nettoyer dans les zones calmes formés par les retenues des barrages.

            2) Pour la remontée des poissons migrateurs : cela fait longtemps que l’on sait mettre en place des échelles à poissons adaptées aux différentes espèces (saumons et anguilles n’ont pas exactement les mêmes besoins par exemple). Et les installer coûterait moins cher que le débarrage et surtout ses conséquences. Des moyens encore plus simples peuvent être avancés comme le font les Amis du Cher canalisé : la fausse sassée dans laquelle seules les vantelles sont ouvertes à tour de rôle libérant le passage aux poissons.

            Nous pouvons nous poser la question : les désordres ne proviennent ils pas simplement d’un manque de suivi, d’entretien et d’engagements financiers permettant de maintenir en état des ouvrages hydrauliques.

            Il nous semble important d’analyser les conditions et connaître l’histoire : les barrages pour la navigation sont là depuis plus d’un siècle et demi, souvent plus et auparavant les rivières n’étaient pas "naturelles" ; des barrages existaient il y a plusieurs siècles sur ces cours d’eau pour la meunerie et la pêche. C’est-à-dire que depuis longtemps l’écosystème des bassins s’est adapté, et plutôt bien, à ces changements progressifs.

            si nous ne percevons pas l’intérêt des débarrages, entraînant la suppression de la navigation, nous pouvons en imaginer les conséquences : une des plus gravec sera l’abaissement notable des nappes phréatiques (des nappes phréatiques qui ont mis des siècles à se constituer) qui descendraient de plus d’un mètre par endroits, obligeant ainsi les agriculteurs à aller pomper encore plus profond pour arroser une terre qui serait d’autant moins humide par capillarité, donc double consommation. Cet abaissement aurait aussi pour conséquence grave d’entraîner d’importants travaux sur les stations de pompage d’eau de consommation courante, pour pouvoir descendre le niveau de pompage de l’eau. Nous n’ausons imaginer les coûts...

            De plus il ne faut pas oublier que la baisse du niveau de la nappe phréatique entraîne automatiquement la disparition des zones humides, notamment des mares, crées par les eaux affleurantes. N’y a-t-il pas là une contradiction avec le but recherché des SDAGE ?

            A votre service pour dialoguer.

            andré BARRE ARECABE

            • 1_ "le temps de s’auto-nettoyer dans les zones calmes formés par les retenues des barrages" : c’est une blague ? Depuis quand peut on prétendre que les retenues de barrage nettoient les eaux ? Merci d’avance d’apporter de sérieuses sources... Les barrages permettent de concentrer les macro-micropolluants, pesticides etc... Nous sommes d’accord sur le fait que si à l’amont, il n’y avait pas tous ces rejets, la situation ne serait que meilleure. Mais voilà, nos modes de vie, de productions agricoles, industriels génèrent ces apports. Les retenues ne diminuent en rien leurs effets.
              2_ "cela fait longtemps que l’on sait mettre en place des échelles à poissons" : et le transport sédimentaire ? Qu’en faites vous ? Un cours d’eau vit par les flux d’eau mais également par son transport solide, tout ça régit par des équilibres établis depuis fort longtemps, bien avant la construction de barrage, bief, vannage etc... La présence d’un ouvrage en travers est par conséquent perturbateur de cet équilibre. Effectivement certains de ces ouvrages existent depuis bien longtemps et il apparaît aux yeux de certains, comme une abomination de revenir là-dessus. Je dirais dommage. Dommage pour les équilibres bouleversés. Ensuite, plusieurs études montrent très clairement que toutes les passes à poissons (de n’importe quel type qu’elle soit, bassins, rampes, macroplots etc...) entraînent un retard à la migration et diminue par conséquent l’efficacité de reproduction de certaines espèces (salmonidés, aloses, lamproies) et entraînent une répartition biaisée des sexes, des tailles au sein d’un BV pour les anguilles. Et bien d’autres perturbations du cycle de vie des espèces. Alors non, les échelles à poissons comme vous les appelez ne sont en réalité qu’un moindre mal et ne résolvent pas l’ensemble des perturbations générés par les ouvrages en travers des cours d’eau.
              3_ "une contradiction avec le but recherché des SDAGE" : vous avez tout à fait raison sur ce point. Mais il paraît important de signaler que les maître d’ouvrages ont désormais l’obligation d’effectuer une étude d’impact lors de l’ouverture, l’arasement ou tout aménagement d’un ouvrage. Les DREAL et DDTM l’imposent. Mais ces zones humides, ne sont-elles pas en fait, entièrement artificielles ? Là encore, comme vous, je vous inviterais à vous retourner vers l’ensemble des parcelles humides qui ont été drainées en lit majeur. La protection de ces ZH et la réhabilitation de celles-ci me paraît plus importantes que le maintien de zones humides présentes et maintenues artificiellement. C’est mon point de vue mais le votre me paraît tout de même défendable. Question de politique je crois.

              Je finirais par dire qu’il ne faut pas oublier que nous travaillons actuellement pour l’atteinte du bon état écologique et chimique des masses d’eau. Ce bon état passe aussi par des actions sur l’hydromorphologie des cours d’eau, compartiment mis à mal par la présence des ouvrages.

              N’oublions pas que nous nous devons de travailler dans l’intérêt général et que bien souvent, l’intérêt personnel est défendu. La Restauration de la libre circulation piscicole et sédimentaire n’est évidemment pas tout blanc ni tout noir. La conciliation des usages est possible si tout le monde y met du sien.

              De même, à votre service pour dialoguer...

              William

              • Bonjour,

                Pour moi point question de politique mais de bon sens sur le terrain et surtout pas d’intégrisme genre FNE, je les vois à l’ouvrage au SAGE du Cher Aval.
                Les barrages ont un rôle de modulation, de régulation des eaux en permettant, par leur mobilité l’évacuation douce des eaux excédentaires en cas de crue, (je découvre que dans le Var des soit disants défenseurs de la nature font de la résistance judiciaire, face aux riverains qui veulent des travaux pour mettre à l’abri les zones inondables) mais aussi le soutien des étiages en cas de sécheresse. ils assurent une relative sécurité en temps de crue, et une réserve minimale en temps de sécheresse. Une rivière débarrée n’est absolument plus contrôlable, et n’assure rien de cela. D’autre part, mes barrages ont un rôle précieux pour le maintien de la faune en période d’étiage.
                Tout un écosystème s’est installé autour de ces cours d’eau aménagés et le fait de remettre les pendules à zéro peut avoir des conséquences imprévisibles. Les canaux, véritables cathédrales hydrauliques, mettant en communication des bassins versants différents peuvent jouer un rôle considérable dans la maîtrise de l’eau aujourd’hui encore inexploité.

                Bonne journée

                André

            • et pour information, le papier de M. Francart n’est absolument pas une étude mais un panflé autoritaire, orienté et subjectif bourré de non sens et d’arguments non justifiés et documentés... Pour la crédibilité de ceux qui veulent défendre les ouvrages, il me paraîtrait plutôt judicieux de ne pas s’appuyer sur ce papier.

            • Les SDAGEs seront effectivement déterminants !!
              Pour le reste :

              1) Le débarrage, ne va pas à lui seul améliorer la qualité de l’eau. Une meilleure prise en compte des pollutions agricoles, domestiques et industrielles est effectivement la priorité n°1. Par contre pour ce qui est de « l’autonettoyage » (en réalité on préfère le terme d’« autoépuration ») de l’eau dans les eaux calmes formé par les retenues des barrages ??? C’est l’inverse !!! C’est le brassage de l’eau et l’apport d’oxygène qui permet « l’autoépuration » de l’eau. Pour info les STEP fonctionnent sur le même principe !

              2) Pour ce qui est de la remontée des poissons migrateurs effectivement les anguilles et les saumons non pas les mêmes besoins mais ce ne sont pas les seuls migrateurs de nos cours d’eau (Lamproies/Aloses). Et oui nous savons aujourd’hui dimensionner des passes-à-poissons pour ces espèces… Mais quel est l’intérêt de mettre en place des ouvrages de franchissement si les secteurs situés à l’amont n’ont plus aucune utilité biologique (en termes de frayères notamment), d’où l’importance de la continuité écologique (sédimentaire ET biologique).

              3) Concernant les « supposés » conséquences des débarrages et notamment l’abaissement des nappes phréatiques entrainant la disparition des zones humides… C’est encore l’inverse !! S’il y a abaissement de la nappe phréatique elle sera essentiellement due à l’incision du lit du cours d’eau. Cette incision a pour origine l’artificialisation du lit mineur (barrages, recalibrage etc.) qui a entrainé dysfonctionnement de la dynamique sédimentaire « naturel » (incision car déficit sédimentaire à l’aval des retenues) et stockage à l’amont. Pour ce qui est des zones humides induite et maintenu par par la présence d’ouvrage, mon problème est le suivant : Si comme vous l’avancez souvent, les ouvrages ont un rôle dans la gestion des écoulements notamment lors des phénomènes de crues, il y a forcément un « stockage » de l’eau en amont de l’ouvrage ?? C’est le but non ?? Dans ce cas-là, il y a forcément moins d’eau en aval ?? Donc les zones humides potentiels ne peuvent tout simplement pas exister !! Donc non il n’y a aucune contre-indication avec le SDAGE puisque la restauration morphologique est un des leviers principaux dans la reconquête des milieux aquatiques et l’atteinte du bon état écologique.

              4) D’ailleurs, pour ce qui est l’argument phare des partisans du maintien des ouvrages à savoir le rôle prépondérant dans la gestion des écoulements… c’est encore faux !! En période de sécheresse, de nombreuses études scientifiques montrent le non intérêt des retenues d’ouvrages pour alimenter le cours d’eau (ou le canal c’est au choix) car les bilans hydriques sont inférieurs à ceux issu d’une dynamique naturelle (pour des raisons de réchauffement des eaux). Et pour ceux qui pensent que les barrages permettent de stocker de l’eau fraiche et agréable pour la faune piscicole, pourquoi il n’y a pas d’espèces caractéristiques des eaux froides et oxygénées dans ces milieux mais uniquement des cyprinidés et autres carnassiers beaucoup moins exigeant en termes de températures ?? Pour ce qui de la gestion des phénomènes de crues vous le dites vous-même, « les désordres ne proviennent ils pas simplement d’un manque de suivi, d’entretien et d’engagements financiers permettant de maintenir en état des ouvrages hydrauliques »… Je ne suis on en peut plus d’accord avec vous… car de nombreux propriétaires de moulins gardent leurs installations presque constamment fermées et quand l’onde de crue arrive, il n’y a aucune capacité de stockage possible… Pire, les inondations sont aggravées à l’amont immédiat (du fait de la non possibilité de stockage) et à l’aval si il y a débordement (rapport à la dynamique d’écoulement qui est accélérée dans un cours d’eau rectiligne et uniforme en opposition au « cassage » de la dynamique dans un cours d’eau méandriforme).

              Bref, j’entends bien vos arguments mais je ne les comprends pas. Il ne s’agit pas de protéger des intérêts de particuliers pour maintenir tel ou tel ouvrage. Mais sérieusement, les moulins de loisirs qui servent uniquement à créer une ambiance bucolique dans nos campagnes ont-ils une utilité publique ? Et quid du lobbying sur les microcentrales hydroélectriques ? Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit dans la majorité des cas, d’intérêt particulier contre l’intérêt général. Je ne suis pas contre les canaux, la navigation de la petite plaisance ou de commerce ou la réouverture des cours d’eau pour tel ou tel espèce parce que c’est bien de pêcher la truite et le saumon etc… Je suis pour une réflexion au cas par cas avec en tête l’objectif d’un intérêt général et commun à chacun d’entre nous à savoir l’amélioration de la qualité de l’eau qui passe par une amélioration des aspects physiques (donc réouverture des rivières) fortement liés aux aspects biologiques qui sont également liés aux aspects chimiques et physico-chimiques… C’est un tout.
              Je ne sais si nous arriverons à tomber d’accord un jour mais je suis convaincu de ce que j’avance et j’ai la chance d’avoir la science avec moi. Pour ce qui est du document de Mr FRANCART, je le redis, scientifiquement il n’est crédible à aucun moment… Mais oui, je comprends que chacun cherche à défendre ces intérêts…
              Dans tous les cas bonne continuation à vous,

              Cordialement

              Nicolas

              • Bonsoir,

                Avec notre association l’ARECABE (association pour la réouverture du canal de Berry).
                Pour nous comme pour l’ensemble des voies navigables, surtout pour celle alimenté par un bief de partage supérieur, il est nécessaire d’avoir des retenues collinaires où barrages.
                Débarrer les rivières ou canaux, c’est jouer à l’apprenti sorcier en voulant apporter un soi-disant remède qui serait bien pire que le mal. Ce mal étant certainement beaucoup plus facile à juguler avec des mesures techniques adaptés.
                Et nous ne parlons pas du manque à gagner économique et touristique d’une rivière réduite à un lit de vase l’été, sans plus aucune navigation que quelques canoës téméraires.
                Chenonceau dominant un lit de vase, ça va vous avoir une de ces allures !!! Charles Berg.
                Je répète la rédaction des SDAGE 2015 sera déterminante, le bon sens doit l’emporter en analysant les coûts comparatifs des débarrages et de l’entretien des ouvrages hydrauliques et des conséquences sur les nappes phréatiques.
                Heureusement que le canal Seine Nord Europe va permette de réduire l’émission de 550 000 tonnes de CO2 à l’horizon 2050.
                Quand aux centrales hydroélectriques, elles ont montrés et montrent toujours leur utilité, redonnons à EDF son rôle majeur, quand au lobbying du charbon et des centrales à fuel celui là et très puissant et polluant.
                Une étude Suisse de l’institut Eawag :
                Montre que le faible écoulement de l’eau dans un bief, (nous bataillon pour avoir un débit réservé pour le canal de Berry, au même titre que les irrigants) en l’absence d’éclusée, pouvait transformer chaque été ce bief en "coupe de champagne". L’étude montre qu’il s’échappe plusieurs dizaine de milligrammes de méthane au mètre carré. La faute aux matières organiques bloquées au pied des batardeaux (de gentils écolos nous ont fait supprimé des portes d’écluse) où elles sont dégradées par fermentation bactérienne. Un processus qui produit donc beaucoup de méthane, c’est le cas quand la température de l’eau atteint 17 degrés.
                Pour nous les canaux répertoriés comme des voies d’eau artificielles sont inter-dépendants des fleuves et des rivières, l’ensemble constituant un réseau aquatique national cohérent.
                Initialement conçus pour des raisons utilitaires et économiques, les canaux doivent aussi être considérés comme une valeur ajoutée au patrimoine, et notamment en raison de leurs nouveau rôles dans les domaines que sont le tourisme fluvial, les activités de loisirs, et l’écotourisme, de plus, leur indéniable apport esthétique aux paysages avec leurs ouvrages d’art, leur emprise arborée et leurs plans d’eau, justifient pleinement leur mise en valeur et leur maintien en activité.

                Bonne continuation également.
                Cordialement

                André BARRE

                • Bonjour,
                  je commencerais pas répondre par le fin de votre message en vous disant que je vous rejoins concernant la valorisation touristique des canaux.
                  Ces voies d’eau ne présentent il faut bine l’avouer, que très peu d’intérêts écologiques pures. Ils sont plutôt caractérisés par des biotopes assez typiques des canaux. Assez désertiques.
                  Cependant, leur prise en compte pour le développement économique, social, touristique etc... est effectivement indispensable.

                  Par contre, pour le reste de vos propos, je me dois de nouveau de réagir.
                  Tout d’abord sur l’étude d’Eawag. Il ne me semble pas que cela soit contradictoire avec l’effet bief imposé par des écluses ou par des barrages (en cours d’eau j’entends). Il suffisait d’aller voir l’état des canaux dans le Nord Pas de Calais à l’été 2010 pour s’en convaincre (notamment sur le canal d’Aire). Ou pour les rivières "barrées", cf. les conséquences sur la Rance à la retenue de Rophemel (22), ou même à Jugon les Lacs (22). Quand on sait que le CG22 est obligé de traiter les eaux contre les cyanobactéries... une rivière libre n’en aurait aucun besoin. Et je ne reviens pas sur les arguments évoqués précédemment par Nicolas sur l’effet bief.

                  Ensuite pour le Canal Seine-Nord, il me semble que vous confondez tout. La construction de ce canal n’est pas remis en cause à ma connaissance. Il devrait apporté une plus value sur le plan économique. Et quant à l’utilisation de l’énergie fossile pour la production d’électricité, il me semble que là n’est pas le sujet.

                  Enfin pour finir sur Chenonceau, le cher ne me semble pas souffrir d’eau, en tous cas cet été RAS. (question : qu’en est-il actuellement ?)

                  Au plaisir

                  William

            • Bonjour,

              Pour alimenter le débat, la mise en place de passes à poissons est onéreuse, entre 20 000 et 40 000 euros pour un mètre de chute. Tout dépend du type d’ouvrage et des possibilités techniques envisageables mais pour une passe à bassins successifs, il s’agit de cet ordre de grandeur. C’est donc un cout important.

              Autre élément fondamental qui n’est quasiment jamais évoqué mais qui est capital. Les ouvrages comme les vannages, ca fait effectivement longtemps que ca existe, ca c’est une évidence. Mais ce qui est également une évidence, et la je m’appuis sur ma propre expérience en tant que Bureau d’étude, c’est que les ouvrages sont très mal gérés par les propriétaires, ils ne savent plus le faire aussi bien qu’avant. La population et les riverains, ne connaissent plus la rivière, exepté les pêcheurs et encore. Ils ont une vision de l’état de référence du cours d’eau et des bonnes pratiques de gestion complètement biaisés. Les vannes sont quasiment tout le temps baissées, en hautes et basses eaux. Les propriétaires sont complètement largué la plupart du temps. En gros ils ouvrent que lors des gros coup d’eau. Et ils se plaignent généralement de l’ensablementen amont des ouvrages ! Il y a un gros travail de communication à faire la dessus. Il est nécessaire de garder les vannes ouvertes pendant au moins 6 mois de l’année en hautes eaux. Des arrêtés prefectoraux vont d’ailleurs dans ce sens dans certains départements. C’est tout simplement du bon sens et qui ne coute pas un rond. CA a aussi l’avantage de sortir du débat pour ou contre le décloisonnement des cours d’eau puisqu’il s’agit ici uniquement d’améliorer la gestion actuelle.

              Attentions, je ne parle pas ici des cas particuliers, il y en a toujours et il existe bel et bien des propriétaires qui connaissent encore très bien leur rivière, heureusement d’ailleurs.

  • Bonjour,

    Il y a ici la même ambiance que dans les comités de "concertation" où la solution est déjà trouvée avant de débuter la réunion.

    Au sujet des solutions pour la continuité écologique. Tout le monde veut ramener sa science avec des études et des chiffres la plupart orienté dès le départ.

    Mais au final l’observation qui est la première des qualités d’un scientifique n’est pas présente. Pourtant elle répond à toutes ses interrogations que ses sauveurs de la nature improvisée... La science modélise des phénomènes pour ne pas avoir à les reproduire en situation réel car cela entrainerai un coût énorme. Ici nous avons l’inverse une longue période pendant laquelle tout c’est bien passé et quand je dis longue ce sont des milliers d’années durant lesquelles l’Homme a cohabité avec son environnement et les cours d’eau.

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale la qualité de l’eau se dégrade et les poissons disparaissent tout d’abord les salmonidés puis l’anguille persistent avant de se faire tenir responsable de la déclinaison des salmonidés et à son tour passé sur la chaise électrique ( ce n’est pas une figure de style mais la réalité des pêches électriques organisé jusqu’en 1984 pour éliminer les anguilles).

    Nos bureaux d’études et leurs ingénieux techniciens ainsi que tout le petit monde qui commencera gravir autour de l’eau. Ils avaient trouvés un coupable facile a éliminer l’anguille, Ouf...

    Quelques années après voilà que la situation ne s’améliore pas, il nous reste que sur les cours d’eau les moulins c’est vrai que c’est plus facile d’identifier un tas de pierre qu’une molécule noyé dans l’eau qui traverse nos rivières... Voilà la première loi pêche de 84.

    Puis derrière un nombre d’association et de groupe de travail assoiffé de subventions prennent le sujet en main résultat 30 ans après une dégradations de la qualité de l’eau...(et un budget monumentale)

    Les revoilà sous un autre masque déguisés qui est celui de la DCE (Qui en réalité ne parle pas de continuité écologique) en imposant la fameuse continuité écologique comme slogan de campagne pour supprimer ce qui reste de nos ancêtres et de l’histoire de nos rivières.

    - Je demande juste un peu de bon sens dans vos réflexions comment pouvez-vous prouver que en 60 ans les moulins on eut un impact sur les populations piscicoles alors que pendant des milliers d’années il n’y en a pas eu ? N’importe quelle étude ne peut contester cela cette constatation vaut sur n’importe quel registre et elle est véritablement incontestable...

    - Je demande comment des militants écologistes peuvent supprimer l’énergie renouvelable la plus ancienne avec un bilan carbone défiant toute concurrence l’énergie renouvelable par excellence ? (Pour ensuite installer des panneaux solaires désastreux pour l’environnement) Je crois que ce n’est pas de l’écologie de re-naturer une rivière avec une pelleteuse et des cailloux importé d’ailleurs... (Cela n’est pas de l’écologie mais une vision d’esprit c’est comme un bel emballage pour un cadeau empoisonné)

    - Pourquoi chercher à améliorer la capacité auto-épuratrice des cours d’eau ( ce qui est probable mais d’autres facteur rentre en ligne de comptes) sans régler le problème à la source c’est comme ne pas mettre une écharpe pour attraper froid pour ensuite gober des antibiotiques puis rentrer dans un cercle infernale. C’est exactement ce que vous faîtes avec la continuité écologique le problème n’est pas la rivière mais son environnement.

    Je vous demande par quel battons magiques vous pensez récupérer un système en bon état en moins de 10 ans sachant que ce même système a mis plusieurs dizaines d’années à se dégrader (Dans les années 1840, l’industriel allemand Justus Von Liebig crée les premiers engrais chimiques). C’est bien connu que l’on se remet plus vite de la grippe que on l’attrape ? L’inertie de n’importe quelle phénomène physique est là est on ne peut le franchir en changeant d’avis sur les méthodes tous les 20 ans n’est pas la solution.
    Je tiens à féliciter tous ses « écologistes » qui on sue faire d’une nature indépendante de qualité sans aucune aide financière, une nature indépendante dégradé par les apprentis scientifique un véritable gouffre financier sans résultat. Ils ont créé une belle machine à fric bravo…
    Bien cordialement,

    • Comment expliquer que quasiment seuls les propriétaires de barrages et moulins s’insurgent contre la tendance à "traiter" (supprimer, araser, échancrer, etc) les ouvrages ?

      Comment expliquer que ceux qui travaillent pour l’effacement des ouvrages sont essentiellement publics (collectivités), donc n’ayant aucun intérêt financier - au contraire, considérant les coûts engendrés ?

      Comment expliquer que des organismes étatiques sans intérêts financiers comme l’ONEMA, dont l’unique objectif est la protection des cours d’eau, se positionnent en faveur du traitement (réfléchis) des ouvrages ?

      Comment expliquer que même EDF évite souvent de prendre partie clairement et sans réserve pour les pro-ouvrages, ne signe pas leurs études et documents partisans, et reconnaisse parfois, même du bout des lèvres, l’impact de ses propres ouvrages ?

      Monsieur le Prince des Moulins, avez-vous vu les rivières il y a "des milliers d’années" comme vous dites ? Je suis prêt à parier qu’elles étaient dans un état largement meilleur qu’il y a 50, 100, et même 500 ans, avant que des barrages n’y soient construits.
      Ne pensez-vous pas que dans la situation actuelle de nos rivières, il importe plus de s’attaquer à ce que l’on peut au plus vite et avec le plus d’impact, que de détricoter chronologiquement tout ce que l’homme a inventer pour dénaturer les rivières ?
      Les barrages seuls n’ont pas toujours suffit à les pénaliser, mais l’accumulation des impacts oui, et les barrages en font partie.

      Vous dites qu’il faut traiter la pollution avant les barrages.
      Je pense qu’il faut faire les deux. En tous cas, je vous encourage à nous expliquer comment régler définitivement ce problème de puisque ça semble si facile. Adressez-vous aux milliers d’habitants qui vont aux toilettes (et les débouchent à l’acide), jardinent, font la lessive, utilisent du White Spirit et rincent leurs pinceaux à l’évier, mangent de la viande et des légumes (qu’il faut produire), adressez-vous aux artisans, industriels, exploitants agricoles et forestiers...

      Vous-même, n’êtes-vous jamais responsable de pollution ?
      Mangez-vous du fromage ? (pollution aux nitrates et antibiotiques animaux, engrais et pesticides pour la productions de fourrages et céréales pour l’alimentation des bêtes, pollution au métaux lourds issus du lavage des cuves, éventuelle pollution au petit lait, etc)

      Utilisez-vous du bois ? (traitement des grumes et pollution grave aux insecticides et fongicides sur aires de stockages non protégées en forêt, pollutions issues des processus industriels, pollutions dues au transport : métaux lourds des pièces d’usure, hydrocarbures, etc - sans parler des dégâts morphologiques aux ruisseaux et aux sols)

      Les choses sont souvent plus compliquées qu’elles n’y paraissent, et l’on ne peut comparer la situation du passé avec une France où nous avons 65 millions d’habitants.

      Il faudrait arrêter de prendre les gens pour des incompétents capricieux au prétexte que, en faisant leur boulot pour l’intérêt général, ils doivent faire quelque chose qui ne vous plait pas.
      Personne ne veut supprimer tous les barrages et seuils sans distinction. Il s’agit bien de cas par cas à étudier sérieusement.

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